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    base du camouflage militaire

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    Neecrid
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    base du camouflage militaire

    Message  Neecrid le Dim 29 Jan - 19:21

    F.F.O.M.E.C.B.L.O.T
    Les bases du camouflage militaire


    Avant de rentrer dans le détail et définir cet obscur acronyme, il est important de rappeler la définition même du camouflage militaire

    Le camouflage militaire est un art (véritable), qui consiste à vous dissimuler, pour vous soustraire à la vue, à l'ouïe et à tout moyen de détection employé par l'ennemi.

    Se dissimuler est l'essence même du camouflage militaire, mais il faut aussi considérer qu'il n'est pas obligatoire de se cacher au sens littéral du terme pour se soustraire aux moyens de détection de l'ennemi.


    Le camouflage, comme tout art digne de ce nom, fait appel à des règles de bases, fondamentales, que nul, comme toute loi, n'est censé ignorer.

    Mais comme toutes règles, celles du camouflage militaire se doivent d'être adaptées et adaptables à la situation, et constamment évolutives.


    En gros, pour faire simple, le camouflage consiste à ne pas se faire repérer par l'adversaire ou l'ennemi, et le meilleur moyen pour cela, plus que de bien se cacher, est de ne pas exister.


    Ne cherchez pas à imiter ou à vous fondre absolument, parce qu'il arrive de ne pas pouvoir.

    Ne cherchez pas à tout prix à être tel ou tel élément du décor.

    Ne soyez pas. Ou soyez le vide qui entoure le buisson.

    NE NOURRISSEZ PAS LE CERVEAU D'EN FACE.

    Si l'adversaire s'arrête sur vous, même si vous avez l'aspect d'un buisson à s'y méprendre, vous existez pour lui. Ne donnez aucune nourriture à son cerveau, afin qu'il ne soit jamais en mesure de vous identifier, et donc, de vous considérer.

    Le cerveau d'un mammifère (comme l'homme, donc), ne peut pas définir ce qu'il n'identifie pas.



    Le camouflage mili est un gage de survie en territoire hostile et en appliquer les règles de bases sans vision évolutive est synonyme de compromission rapide, et donc, chez les professionnels de la guerre, de mort imminente.



    Avant de parler de ce fameux FFOMECBLOT, je me dois de revenir sur un point fondamental.

    Même s'il se pratique en milieu urbain, loin de tout espace forestier ou naturel, le camouflage militaire doit suivre les mêmes règles que le camouflage destiné à la photographie et à l'étude éthologique des espèces sauvages.

    La nature est la première "étape" du camouflage. Son premier test grandeur-nature. Se fondre dans un milieu sauvage signifie aussi préserver son équilibre et son intégrité, tout en assurant sa propre protection.

    La nature est l'alliée de celui qui sait s'y dissimuler, car, en territoire hostile, plus qu'ailleurs, passer totalement inaperçu aux yeux et aux oreilles de la faune peut vous permettre d'avoir une longueur d'avance sur votre adversaire ou votre ennemi.



    Il existe des animaux dont le rôle naturel consiste à alarmer leur écosystème de la présence d'un intrus.

    En connaissant les espèces, vous vous éviterez beaucoup de troubles qu'un "ignorant" ne saurait éviter. Et, je le rappelle, passer inaperçu auprès de la faune sauvage, c'est aussi ne pas la déranger, et donc, en connaissance de cause, la respecter.


    Revenons donc au camouflage militaire, dont le but est strictement humain, que ce soit pour de l'action directe ou du renseignement (ce qui est plus de mon ressort).



    J'en arrive donc au titre de ce chapitre: FFOMECBLOT.



    Le FFOMECBLOT est un acronyme militaire (c'est presque un pléonasme aujourd'hui), qui rappelle des souvenirs à tous ceux qui ont connu à un moment donné de leur vie le fameux mois de classe, lors de leur période de service militaire. FFOMECBLOT s'apprend sur les bancs des salles d'instructions régimentaires et, malgré son aspect TTA frustrant, il est la base indiscutable de l'application efficace d'un camouflage militaire de terrain.


    FFOMECBLOT réunit les 10 principes de bases du camouflage, les 10 facteurs fondamentaux, récurrents et inévitables qui interviennent dans le domaine.



    Fond

    Forme

    Ombre

    Mouvement

    Eclat

    Couleur

    Bruit

    Lumière/Lueur

    Odeurs

    Traces



    Et bien, agissons dans l'ordre.





    FOND



    Le fond est bien entendu le décor dans lequel vous évoluez.

    Il se subdivise, évidemment. Voici un exemple:



    Forêt

    Claire/dense

    Feuillue/persistante

    Dominante verte/brune/ocre/grise

    Etc…

    En analysant avec précision votre environnement direct, vous mettez tous les atouts de votre côté et évitez ainsi les pièges éventuels.

    Vous devez constamment garder en mémoire l'environnement et ses particularités, devant vous, pour trouver un écran de dissimulation, mais surtout derrière vous, pour ne pas jurer (comme une olive noire dans un bol de lait) dans votre décor. Pensez toujours à l'arrière-plan, comme si l'adversaire vous voyait à 360°.

    Ne soyez pas charmé par votre propre pouvoir camouflant. Votre DPM ou Multicam peuvent vous sembler invisibles de face, parce que VOUS vous projetez fatalement devant votre nez, en vous convainquant inconsciemment que l'ennemi voit ce que vous voyez. Mais si vous êtes le Positif de l'image, l'ennemi en voit le Négatif.

    Il se peut donc que vous soyez dans l'axe d'un rocher ou d'un mur clair qui dort dans votre dos et que vous n'avez pas vu, parce que vous faites une fixette devant votre nez.

    En infiltration, on doit se considérer tout le temps observé par quelqu'un. C'est la raison pour laquelle il faut faire attention sur 360°, parce le fond sur lequel vous évoluez peut trahir votre présence.

    Quelques exemples: La nuit. Le ciel nocturne est toujours plus clair que la forêt. Attention à ne pas marcher en ligne de crête, votre silhouette se détache en noir sur fond clair.

    En forêt, ne projetez pas le pouvoir camouflant de votre tenue devant vous, mais derrière vous, en tenant compte de l'espace vide "incolore" d'entre les arbres.

    En plaine ouverte, attention à l'arrière plan, même lointain. Une maison, si lointaine soit-elle, peut "happer" un court instant la dominante sombre de votre treillis. Un court instant qui peut suffire.

    En Irlande du Nord, les sympathisants et les activistes de l'IRA peignaient les murs des maisons d'une large bande blanche, à hauteur d'homme, afin que les patrouilles britanniques soient visibles lorsqu'elles longeaient les murs de ces mêmes maisons. La silhouette sombre du trooper se détachant irrémédiablement sur fond blanc. A méditer…




    Le FOND est essentiel lors de votre progression. Il est le premier facteur à considérer pour vous rendre de A à B, de B à C, etc.

    Ne pas jurer dans votre environnement direct, c'est déjà un pas vers un camo efficace.

    N'oubliez pas: un coup d'œil devant, un coup d'œil derrière.



    FORME



    Nous parlons de la forme qu'a votre silhouette.



    On lit souvent que l'être humain est "identifiable" par le Delta" ∆ caractéristique que forme la tête et les épaules. Moi, je parlerai plutôt d'"Oméga" Ω.

    C'est bien cette forme de fer à cheval qui trahit un buste et une tête humains et ça, homme ou animal, tout le monde le sait …



    C'est bien simple, brisez cette forme, et la forme du corps humain en général ♀ (briser l'oméga tête-épaules est souvent suffisant).

    Voilà la vocation de la "disruptivité" d'un camouflage: briser par une alternance clair/foncé la forme du corps humain.



    Attention cependant à ne pas trop en faire. Une simple écharpe-filet jetée sur la tête et couvrant les épaules suffit la plupart du temps à briser cet Oméga.

    Souvenez-vous que le mieux est l'ennemi du bien, donc, ne déplacez pas le problème. Un oméga moulant en toile de jute ou en feuilles synthétiques n'en est pas meilleur pour autant.

    C'est d'abord l'oméga qu'il faut briser, puis la texture de votre corps (cacher sa peau).



    Autre chose, attention que la "forme" de votre tenue (votre aspect géométrique) ne jure pas dans votre environnement direct. Un paquet compact aux formes trop nettes, même si elles n'ont rien d'humain, peut vous trahir.



    Personne ne vous demande de ressembler à tout prix à un élément du décor. Ne le faites pas, car ils sont tous différents et bien trop complexes pour être imités à la perfection. Et surtout, comme ils peuvent être décrits par un homme qui observe ("dentelé, découpé, ciselé…"), n'ayez pas une forme descriptible.



    Soyez plutôt un tas de merde informe et indescriptible, qu'un "magnifique buisson brillant, touffu, vert et hérissé, à 200 m sur la droite, au pied du gros sapin".



    Qui peut trouver les mots pour décrire un tas informe, aux couleurs mal définies? Et qui, surtout, va y arrêter son regard? sachant que le premier réflexe d'un soldat aux abois ou méfiant et de rechercher le visage d'un ennemi.

    OMBRE




    On ne peut pas composer avec notre ombre.

    Tant qu'il y a de la clarté, elle nous suit comme la peste. Je dis clarté, et pas lumière, car la clarté de la Lune suffit à générer une ombre. Pensez y surtout les nuits de pleine Lune.



    Quelle que soit vos teintes, votre forme, votre allure de progression et votre discrétion, vous ne pouvez pas l'éviter: vous créez une ombre.

    Comme vous n'êtes pas, si je puis dire, des fantômes, vous êtes obligés d'en tenir compte.




    Pour cela, premièrement, surveillez toujours l'angle de la lumière solaire. Ne longez pas un mur ou une haie, ou je ne sais quoi d'autre, si la lumière solaire y projette votre ombre.

    La lumière solaire doit de préférence être dans votre dos, quand vous avancez vers l'ennemi. Ce qui aura deux avantages: la lumière sera projeté vers lui, donc, vers le sol et le soleil de face gênera considérablement sa capacité à vous déceler.

    Mais, revers de la médaille, votre ombre peut courir jusqu'à lui, s'il n'y pas d'obstacles entre votre ombre et lui (facteur dont il faut tenir compte en milieu urbain, où la distance d'engagement diminue vraiment).




    Attention:
    _ ne coupez pas le soleil directement, façon éclipse. C'est radical pour vous faire repérer.
    _ Ne créez pas de zones d'ombre sous-jacente: quand vous êtes accroupis, vous créez une zone d'ombre entre votre cou et vos cuisses. Quand vous êtes en position d'observation allongée, entre votre menton, vos coudes et le sol. Gaffe, ça se voit de loin, parce que ça crée un "effet cavité" quand on voit ça de face.
    _ Ne laissez pas votre ombre dépasser d'un mur derrière lequel vous vous planquez.



    Dans tous les cas, c'est une certitude, plus vous ramasserez votre silhouette, moins votre ombre vous trahira: si votre silhouette est ramassée, l'ombre qui est projetée en est moins facilement identifiable. Un homme accroupi derrière un mur a une ombre projetée qui dépasse du mur (ça ne doit pas arriver) moins évidente que celle d'un homme debout.

    Plus vous vous ramassez sur vous-même, tête et épaules comprises, moins votre ombre sera assimilable à votre rang d'homme.

    Ca n'en est que plus évident lorsque vous êtes allongé. L'ombre générée est presque nulle et, pour peu que le camouflage soit ample et 3D (et ne générant pas "d'effet cavité"), elle n'est pas assimilable à l'être humain.



    MOUVEMENT



    En ce qui concerne le camouflage militaire, il y a 2 types de mouvements à considérer:



    _ Le mouvement de déplacement;

    _ Le mouvement d'action.



    Le mouvement de déplacement est la manière et l'allure auxquelles vous vous déplacez.



    La première chose à éviter est la précipitation, qui est un ennemi du camouflage. Elle doit être réservée à l'exfiltration, lorsque votre forfait est accompli et que vous devez dégager la place rapidement.



    Dans la nature, des espèces d'oiseaux et de mammifères, ainsi que certains amphibiens et insectes sonneurs ont un rôle de sentinelles. Au choix, ils se mettent à crier ou se taisent subitement en présence d'un danger, en l'occurrence un super prédateur tel que l'Homme, alertant du coup l'ensemble de leur biotope et les humains qui le comprennent.



    Ce phénomène est d'autant plus vrai si vous marchez comme un prédateur en chasse.

    Les animaux vivent suffisamment de perturbations d'origine humaine, sans que vous ayez besoin d'en rajouter.



    En approche, marchez en ramassant votre silhouette, utilisant tous les écrans disponibles entre votre objectif et vous. Mais marchez normalement, simplement, en ralentissant considérablement votre vitesse. Un mouvement régulier et fluide est beaucoup moins perceptible qu'un mouvement sec et rapide, surtout face à un œil exercé qui fixe une zone avec intérêt.

    Avancez au ralenti, sans pour autant adopter une attitude anormale.

    Pas de Playmobil, pas de robot, pas de caméléon qui décortique ses mouvements.

    Soyez ralenti, marchez en douceur, sans saccades. La marche d'approche est par définition stressante et pénible… faites en sorte que ça n'empire pas.

    Détendez vos pieds et posez toute la plante au sol. Pas que la pointe, encore moins que le talon. Tout le pied, en déroulant du talon à la pointe, souple et plat. C'est le meilleur moyen d'être discret, stable et de ne pas s'épuiser.



    En gros, quand vous marchez, faites comme un herbivore qui se nourrit. Un pas tranquille, prudent, sans bruit et sans saccades. C'est inné chez eux, ceux qui leur permet de se fondre tout en continuant à se nourrir, sans créer de bruit qui parasiterait leur ouïe. Pas d'arrêt fréquent comme un prédateur qui piste. Ne tournez la tête que lentement, le contraire serait un signe menaçant pour les animaux qui alarment leur environnement.



    Si vous rampez, faites le serpent et pas le lézard. Ne vous secouez pas. Traînez-vous, sil le faut, comme une limace. C'est plus fatigant, mais tellement plus discret.

    Il suffit de comparer la discrétion de déplacement dans l'herbe, entre un serpent et un gros lézard…



    Le mouvement d'action



    C'est l'ensemble des mouvements que vous faites pour tout ce que vous devez faire à part marcher: vous grattez, monter votre arme, regarder aux jumelles, manger, boire, pisser… que sais-je encore.



    Comme vous devez vous considérer comme constamment surveillé, oubliez tout ce qui est mouvement ample et décollé du corps.

    Faites glisser vos mains et vos bras le long de votre corps, comme une caresse. Si, par malheur, vos mains ne sont pas couvertes, un mouvement ample et rapide peut être vu de très loin, par un homme ou un animal.



    Là encore, prenez votre temps; bougez lentement et en gardant vos membres collés à votre corps.





    ECLAT



    Malheur à celui qui luit ou qui brille!



    Avant toute chose, pensez à rendre tout votre équipement MAT.

    Prenez le temps d'en faire le tour. Passez à la bombe de peinture ce qui doit l'être; si la brillance persiste, passez la surface métallique à la flamme, si possible, ça la rendra plus mate.



    Oubliez le cirage sur les rangers. Ca brille et ça sent. En fait, oubliez les rangers si vous comptez marcher en souplesse.



    Evitez tout ce qui est trop riche en nylon. Le nylon, ça luit au soleil.



    Bien sûr, pensez qu'en approche et en situation de stress, vous allez suer comme un bœuf. La sueur se voit sur une peau claire, mais c'est encore plus vrai sur une peau mate ou noire; le soleil s'y reflète un peu trop bien.

    Les crèmes de camouflage se délavent vite à cause de ça.



    Perso, je préfère les cagoules ou les filets. Mais prenez tout le temps qu'il faut pour bien choisir ce qui va couvrir votre tronche: champ de vision large, matière qui ne gratte pas, couleurs judicieuses, pas trop chaud, bien fixe, etc… Un bon camouflage de visage est essentiel.



    Souvenez-vous qu'un éclat se voit à des kilomètres et qu'une simple lunette de tir trop exposée peut trahir votre présence. Pensez aux bonnettes et aux caches en "nid d'abeille". A défaut, utilisez un filet camo ou de la gaze médicale teinte au thé.



    Je le redis, faites le tour complet de votre équipement avant de partir, histoire que vous puissiez revenir tranquille.

    Etre trahit parce qu'une pièce de votre équipement brille, c'est tragicomique. Le comique n'étant pas de votre côté…



    COULEUR





    A l'évidence, personne ne vous demande de porter une tenue rouge sur la neige.



    Mais il faut savoir que l'œil humain est assez facile à leurrer, surtout s'il ne perçoit pas de mouvement dans son champ de vision.



    Dans le spectre des couleurs, nous pouvons facilement être leurrés: une couleur efficace est une couleur qui s'insère dans un large spectre.

    Pourquoi l'Alpenflage Suisse, ce fameux camo rouge, est-il si efficace en forêt? Simplement parce que le rouge est correctement inséré dans le spectre des couleurs que l'on perçoit, entre le marron de l'humus et des écorces, et le brun roux caramel des feuilles qui forment la litière forestière. Bingo, le rouge est un compromis acceptable entre toutes ces couleurs.



    Ce principe marche pour toutes les nuances de couleurs, mais pas pour l'imbécile heureux qui a créé l'ARPAT en prétendant qu'il se fondrait correctement en forêt. Lui, il mériterait des baffes, et je reste sobre…



    Parce que la couleur, ça va sans dire, doit être compatible avec l'environnement de votre mission. Cherchez celles qui s'insèrent entre les couleurs dominantes du décor.

    C'est un peu le principe du Multicam, qui lui, en plus, fond ces couleurs, les rendant peu discernables de manière franche par le cerveau humain.

    Imaginez une forêt aux feuillages jaunes et aux troncs rouges. Les deux couleurs sont trop opposées pour pouvoir se chevaucher discrètement. Prenez une tenue orange, vous jouerez efficacement sur la perturbation de l'œil induite par l'addition jaune + rouge.



    Plus réaliste, si vous devez constituer vous-même votre camouflage, collez les couleurs sans limite franche, là où vous hésiterez à définir une dominante (principe du Multicam). Vous hésitez entre le kaki et le marron? entre l'écorce et le feuillage? mêlez sans frontière nette les deux couleurs, vous n'en serez que plus efficaces, tantôt kaki, tantôt marron.



    Certaines couleurs efficaces peuvent vous surprendre, mais partez du principe qu'il faut travailler sur COMMENT vous percevez et non pas QUELLE EST EN REALITE LA COULEUR que vous percevez. C'est la lumière qui donne son rendu à une couleur. Pas la couleur elle-même. Il n'existe pas de couleur invariable sous la lumière. Exemple: les Land Rover roses des SAS dans le désert. Il n'y a pas de rose dans le désert, mais cette couleur s'insère correctement entre l'ocre des pierres, le sable beige et les ombres qui sont marrons… le tout, magnifié par la lumière du désert et l'effet rose qu'elle donne à cet environnement.



    Choisissez votre tenue avec soin, sans tenir forcément compte de la destination originelle du camouflage. Le DPM Désert 95 marche magnifiquement dans une forêt tempérée en hiver et même en été, quand les feuillages verts sont hauts. A-t-il été pensé pour ça?



    Enfin, puisque toutes les solutions sont dans la nature, faites comme les grands prédateurs: foncé en haut, clair en bas. Pourquoi?

    Parce que l'étage bas de la végétation change peu, comparé aux étages supérieurs. L'herbe jaunit bien plus vite que les feuillages, non?

    Mais surtout, parce que si vous évoluez dans une végétation claire, vous n'en serez que plus efficaces en conditions de faible lumière ou de lumière rasante.

    C'est le contraire d'une ligne de crête. Si vous marchez debout en pleine cambrousse et que vous traversez des milieux herbeux, le pantalon clair ne jurera pas à sa hauteur et la veste foncée, se fondra plus facilement sur la ligne de fond constituée pas les arbres (mais pas sur fond de ciel nocturne, je le rappelle).



    Là encore, prenez le temps au préalable d'étudier le choix d'une tenue.

    Oubliez d'être beaux, soyez efficaces.

    Et surtout, n'espérez pas trouver un camouflage qui marche dans tous les environnements, ce n'est pas possible, à moins d'avoir le même costume que le monstre peu avenant de Predator.

    Preuve en est que le Multicam ne marche pas partout.



    Une solution Combat Proven: panachez vos tenues.





    BRUIT



    Ne perdez pas votre temps à vous déguiser en arbre si vous marchez avec la discrétion d'un éléphant en rut.



    Le bruit est le premier facteur de détection par l'ennemi à courte et moyenne distance (de 0 à 100 m).

    S'il n'y pas de bruit suspect, pourquoi devrait-on se méfier?



    Le bruit est un indicateur de la stabilité d'un milieu.

    Apprenez à connaître les espèces qui alarment leur milieu pour ne pas les alerter (en plus, vous en serez respectueux); profitez des bruits réguliers (chutes d'eau, routes, grillons, vent, tonnerre…) pour vous déplacer.



    Mais, là encore, ne jurez pas dans votre environnement.

    Sauf si vous êtes trop près de votre adversaire, vous pouvez vous permettre un peu de bruit, tant qu'il ne dépasse pas le seuil sonore ambiant. Un pas prudent dans des feuilles mortes ne s'entend pas forcément, même à moyenne distance (25 à 100 m).

    Si vous faites du bruit, ne dépassez pas le seuil du bruit mat (sans écho). Pas de bruit sec. Une branche ou une brindille qui pète, vous m'en direz des nouvelles. En forêt, c'est impardonnable. Comme une pierre qui tape en montagne.

    Regardez où vous mettez les pieds. Dans tous les cas, vous ferez moins de bruit en posant le pied bien à plat plutôt que sur la pointe (votre poids étant dans ce cas concentré sur la pointe).



    Le silence n'existe pas et il est très difficile pour une oreille humaine (surtout si elle vient de la ville) de localiser un bruit qui ne détonne pas dans son milieu.



    Evitez les bruits réguliers ou facilement identifiables, comme une série de pas, un raclement de gorge, un reniflement, le balancement de l'eau dans la gourde, etc…).



    Agissez en fonction des conditions du moment et du milieu:

    En forêt, il est très dur pour un homme de localiser la source d'un bruit, parce que les sons rebondissent sur les arbres et les talus et sont absorbés par l'humus mou.

    Pire en montagne et en milieu rocheux, ou tout les sons sont renvoyés tous azimuts et où le vent presque omniprésent fait voyager les sons sur de longues distances.



    Ce qui vaut pour les autres vaut aussi pour vous…



    La nuit, les sons voyagent plus et sont plus perceptibles, parce que les "nuisances" diurnes ont disparu: plus de grillons, moins d'avions dans le ciel, plus de chants d'oiseaux, souvent moins de vent…



    Un pas humain peut être perçu à 200 m; un véhicule à plusieurs km, tout dépend de sa taille. Une conversation vole bien au-delà de ses participants. Attention.



    Enfin, convenons-en, fixez vos équipements baladeurs et ne créez absolument pas de bruit artificiel, notamment produit par du métal qui choque, du plastique ou un tissu synthétique qu'on froisse.

    LUMIERE/ LUEUR



    La lumière est celle que vous ne devrez en aucun cas produire.



    Il est inutile de faire un topo sur la lampe de poche ou la lampe frontale. On ne les utilise pas sur le terrain sans précaution, c'est une notion antinomique au camouflage.



    Si vous devez lire une carte, par contre, recroquevillez-vous près du sol, couvrez-vous le haut du corps d'un poncho ou d'une basha et utilisez le filtre rouge de votre lampe militaire ou la position veilleuse de votre lampe civile au plus près de la carte.





    La lumière rouge se voit bien moins dans la nuit, car elle n'a pas le halo d'une lumière blanche.



    En infiltration, laissez vos yeux s'habituer à la pénombre. Au bout de quelques dizaines de minutes, par nuit claire, vous retrouverez une certaine acuité visuelle, sans pour autant devenir un hibou.

    Vous arriverez à distinguer les formes majeures de l'environnement, mais ne vous attendez pas à des miracles; à part les nuits de pleine lune où il vaut mieux éviter de s'agiter dans des zones hostiles, vous pourrez passer à côté d'un homme sans le voir, et vice versa.



    Le danger, à l'heure actuelle, provient des systèmes passifs de vision nocturne, les intensificateurs de lumière (IL). Ils sont dangereux, car en plus d'être très performants, ils sont totalement passifs et donc, indétectables, contrairement aux systèmes Infrarouges (IR).

    L'IR produit un faisceau de lumière invisible à l'œil nu, mais bien visible par un autre système IR. Aussi puissant qu'une bonne lampe torche, un projecteur IR est facilement détectable par un même système et donc, très vulnérable.



    Les systèmes IL, eux, sont capables de fonctionner dès que quelques étoiles constellent le ciel (pas les générations 1, cependant). Leur mode de fonctionnement est basé sur le captage et l'amplification de toute lumière active ou résiduelle.

    Inutile donc de rappeler que les réchauds, cigarettes et autres réjouissances du genre sont totalement à proscrire, parce qu'en plus de produire des odeurs fortes pour le milieu naturel, ils sont visibles à des kilomètres!



    Avec un camouflage efficace le jour, vous serez efficace face à un IL, à condition de ne pas porter une source de lumière et de ne pas faire le poireau les bras en croix au milieu d'une route.



    Soyez vigilants à tous les niveaux, car les appareils rétroéclairés, comme les montres ou les GPS, peuvent vous trahir face à un observateur muni d'IL.



    Mais comme ce qui est valable pour vous est valable pour les autres, adaptez-vous à la situation et aux conditions.

    Il est des nuits ou, si on n'a pas de système de vision nocturne, on fait bien de rester couché…





    ODEURS



    Ce domaine est semblable à celui du bruit.



    Pour faire simple, encore une fois, contentez-vous de ne pas puer plus que le décor. Vous avez le droit d'avoir une odeur, tant qu'elle ne surpasse pas celle ambiante.



    Il est évident que certaines odeurs n'ont pas leur place dans le milieu naturel:

    _ Esbit des réchauds;

    _ Cirage des chaussures;

    _ Urine humaine à l'odeur très identifiable (on peut même deviner la dominante d'un menu);

    _ Merde humaine (pour les mêmes raisons que l'urine);

    _ Sueur humaine: un animal qui sue ne sent pas le poisson frit comme un humain qui sue;

    _ Graisse d'arme;

    _ Fumée;

    _ Nourriture,

    _ Tabac…



    Sans aller jusqu'à ce couvrir le corps d'urine de cerf ou d'un élixir de feuilles de hêtre, contentez-vous de ne pas produire de nouvelles odeurs ou d'odeurs fortes.

    Les hommes habitués à vivre dans la verte peuvent déceler des odeurs "étrangères" au milieu très facilement. Je ne vais pas vous parler de mon cas, je ne tiens pas à passer pour un lycanthrope…





    Une bonne parade consiste à rouler ses vêtements dans la terre du site (ou s'y rouler soi-même avec ses vêtements) pour atténuer sa propre odeur. Toutefois, il faut raison garder, un chien possède un odorat 1000 fois supérieur à celui d'un homme.

    Donc, si vous êtes confrontés à une truffe hostile qui vous course, ne vous imaginez pas qu'un cours d'eau sèmera votre trace. L'humidité conserve les odeurs (principe des eaux de toilette) et les relâche encore d'avantage lorsque la chaleur augmente.

    Exemple: un chien mouillé ne pue pas trop tant qu'il est à l'extérieur sous la pluie. Dès qu'il rentre dans un couvert chauffé (maison ou voiture), les gouttes d'eau nichées dans ses poils vont s'évaporer et libérer la molécule qui pue; d'où l'odeur immonde du chien mouillé…



    Si on vous piste, privilégiez les espaces moins humides, pas encaissés et plus ventilés, là où votre odeur peut être vite balayée par le vent. Mais faites en sorte de ne pas être pistés.



    Enfin, comme vous avez aussi le droit de détecter les odeurs des autres, entraînez-vous à renifler et, avec patience, constituez-vous un catalogue (souvenirs) d'odeurs diverses et variées.

    Vous apprendrez ainsi à faire le tri et à trouver l'intruse.



    Sur le terrain, lorsque vous sentez quelque chose qui détonne, reniflez par petits coups, et ne vous remplissez surtout pas le nez de cette seule odeur, sous peine d'avoir l'odorat neutralisé.





    TRACES



    Comme j'aime à le dire dans mon discours de sensibilisation à la protection de la Nature, le meilleur moyen de protéger un milieu est de ne pas y laisser de traces.



    Et bien, pour vous camoufler correctement, appliquez ce principe sans retenue. Apprenez à ne laisser aucune trace et la nature vous remerciera en se montrant clémente.





    Les exemples sont nombreux:

    _ Pas de signature visuelle, sonore ou olfactive;

    _ pas de résidus de repas (charbon, esbit, papiers, os, plastiques…);

    _ pas de marques sur la végétation (branches cassées, prés piétinés…);

    _ pas d'empreintes de pas identifiables, sur un sol nu (boue, sable…) ou dans l'herbe (la coulée d'un animal est plus étroite et rectiligne que celle d'un humain, en "escaliers");

    _ pas d'urine ou d'excréments dans votre sillage, sans parler du papier toilette. Eloignez-vous et enterrez votre lot à bonne profondeur. Ne soyez pas bêtement trahis à cause d'un tas d'insectes coprophages (qui mangent la merde);

    _ assurez-vous de ne rien semer (papiers, brins de toile jute, bouts de filet camo…).

    Etc.



    Faites attention à tout pour ne pas être la proie et pour être le prédateur.



    Les toiles d'araignées qui barrent les chemins sont un bon indicateur de la présence d'un homme. Si vous en prenez plein la poire, ça peut vouloir dire quasiment à coup sûr que personne n'est passé avant vous… Pas de trace, c'est utile, quel que soit le sens de lecture.



    Attention à ne pas modifier le décor.

    En sortant d'un cours d'eau, ne vaporisez pas les pierres sèches d'eau ou de sable mouillé (qui va blanchir en séchant).

    En milieux rocailleux, veillez à ne pas retourner les pierres, qui sont toujours sales dessous et propres dessus. Ne les rayez pas non plus si vous marchez avec des crampons en alu ou des bâtons de rando.



    Si vous coupez une branche fournie pour gommer vos empreintes derrière vous (façon "les larmes du soleil"), ne jetez pas la branche n'importe où après usage; une branche de noisetier (souillée de boue de surcroît) n'a rien à faire dans une hêtraie ou une pinède…



    Plus vous connaîtrez le milieu sauvage, plus il s'alliera à vous, à la seule condition d'y être discret et respectueux.

    Le milieu se passe bien volontiers de vous et de votre impact et c'est en ayant conscience de cela que vous devrez agir pour vous y dissimuler et faire ce que vous avez à faire.



    Ne considérez pas le milieu sauvage comme une barrière ou un obstacle, mais bien comme un allié. Et c'est en cela que vous devez le respecter.



    Cette analyse est terminée. Elle ne représente qu'une petite partie de ce dont je pourrais réellement vous parler, tant il y a à dire.



    Chacun de ces dix chapitres a été réduit à sa portion congrue afin de pouvoir être plus digeste. C'est relatif…



    Je me ferai un plaisir de développer ou d'éclaircir certains points si besoin est.



    Et je finirai ce chapitre dédié aux bases du camouflage militaire en reprenant la devise d'une unité que j'admire: le CPIS, ex 11 ème Choc: "Nul ne verra, nul ne saura".



    Et maintenant, à vos buissons!! Twisted Evil Twisted Evil

    Neecrid
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    base du camouflage militaire

    Message  Neecrid le Dim 29 Jan - 19:34

    ps se n'ai pas de moi mai je tenait a vous le faire partager

    polo
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    Re: base du camouflage militaire

    Message  polo le Dim 29 Jan - 21:15

    c'était le bon temps . deja évoqué ( mais moins détaillé ) dans un autre topic , mais moi dans mes cours et carnet de combat c'était FFOMEC+BOT en même temps la torche était interdite ...

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    Re: base du camouflage militaire

    Message  Contenu sponsorisé Aujourd'hui à 16:33


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